STATUT_ Manifeste, non-construit
CONTEXTE_ Université de Montréal – supervision d’Irena Latek et d’Alain Carle Architecte
ANNÉE_ 2017
USAGE_ Institutionnel, centre culturel
LIEU_ 2940 rue Rachel E. (passage à niveau du chemin de fer)
+_ Livret explicatif

Dans notre quotidien occulocentriste, l’oreille humaine est trop souvent sous-estimée dans sa capacité à sculpter l’espace. Ce projet s’intéresse à une attitude permettant à l’oreille humaine de “conquérir la variété infinie des sons-bruits” (Russolo, 1913) que la ville offre au quotidien et d’explorer son univers sonore pour re-sensibiliser l’oreille au son en tant que médium d’ancrage dans le monde.
Il suggère une architecture dont la culmination nécessite d’avoir « les oreilles plus attentives que les yeux » afin de permettre l’exploration des sons-bruits et la considération de ces derniers dans l’expérience de l’espace, dévoilant ainsi l’esprit du lieu autrement que par une interprétation purement formelle. L’expérience ambigüe de la lisière du chemin de fer du Canadian Pacific se fait dans la confrontation du paysage ferroviaire – hors du temps, en marge de l’espace urbain générique – et de celui de la ville dans sa généricité.
Les paysages qui la constituent sont visibles mais surtout sonores: en marge de la réalité urbaine environnante, ce lieu est un point de distillation des paysages sonores de la ville. Le projet instille des « antichambres » à une expérience immédiate et absolue du paysage sonore de la lisière du chemin de fer et de la ville par des évènements sonores et architecturaux imprévisibles et rebelles à l’ordre de l’esprit, ancrés dans le rapport entropique entretenu avec le lieu et le temps. Des dispositifs sonores à échelle architecturale et une programmation spontanée et imprévisible amènent à une exacerbation de la perception auditive qui trouve dans le parcours un terrain d’application en mouvement perpétuel, un fil d’Ariane acousmatique.
La vue et le son se complètent ici dans une synthèse subjective, non-contrôlée de l’espace. De cette manière, “l’architecture apprivoise un espace sans limites et nous permet de l’habiter, de même [qu’elle permet d’] apprivoiser un temps sans limites pour nous permettre d’habiter le continuum du temps” (Pallasmaa, 2013).















